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GR10 - Mérens-Les-Vals - Les Bouillouses

Extrait d'Aventures Pyrénéennes

Etape GR10 Mérens-Les-Vals - Les Bouillouses

 

L’Eden parc naturel

La brume couvre encore la vallée quand je quitte Mérens pour reprendre mon chemin vers l’est. Après quelques minutes de marche dans un bois, je surprends un homme nu, allongé dans l’une des trois vasques qui bordent le chemin. Il dispose de trois ou quatre pêches et d’une bouteille de cidre, posées sur une grosse pierre qui forme cette retenue d’eau. L’odeur de soufre me fait comprendre qu’il se détend dans une source d’eau chaude. L’étrange individu à l’accent slave, m’invite à venir partager son bassin qui est le plus chaud des trois. J’hésite quelques secondes avant de répondre :

- Non, non, merci, je n’ai pas le temps, je dois continuer mon chemin.

Il saisit alors une pêche et me rétorque avant de la croquer :

- Ah le temps, le problème dans la vie c’est le temps.

Je reprends ma marche en méditant sur cette pensée philosophique. Le temps est bien le problème de ma traversée…

Comme un symbole, je quitte l’Ariège en sortant de la brume pour franchir ses derniers cols, le Porteille de Besines et le Coll de Coma d’Anyell qui marque mon entrée dans les Pyrénées catalanes. En descendant vers l’Estany de Lanós, comme dans un rêve, je plonge dans le magnifique décor lacustre du massif du Carlit. De nombreux ruisseaux coulent de la montagne pour finir dans le grand lac bleu et dans les laquets d’un large plateau où pâturent des chevaux à la longue crinière blanche. Après le passage de la Portella de la Grava, je descends vers l’Estany del Rocó blotti au fond d’un petit cirque. Sous le sentier, un ruisseau couleur rouille serpente sur une rase pelouse verte pour se mêler aux eaux bleues du lac. Sur la rive opposée, des parterres de rhododendrons fanés, des pelouses et des névés remplissent les gradins pierreux du cirque. L’eau s’échappe du lac par son déversoir pour rejoindre le torrent qui coule au milieu de la Coma de la Grava. De hauts sommets reliés par des arêtes escarpées dominent la longue combe verdoyante parsemée de pins à crochets.

Je sors de ce rêve, réveillé par le bruit d’un hélicoptère de la sécurité civile, qui se pose sur une prairie où pâture un troupeau de vaches. Un secouriste se précipite hors de l’appareil pour rejoindre un jeune vacher et assurer un massage cardiaque à une vache. Une telle intervention pour un animal cela me parait étrange…

Je traverse maintenant un bois de pins qui borde le grand lac des Bouillouses.

Après ce voyage en solitaire dans cet Eden du parc naturel régional des Pyrénées catalanes, je reviens sur terre au barrage du lac, fréquenté par de nombreux touristes.

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